Des histoires pas nulles, Zatopek #26

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Barbeyrac, l’homme qui a traversé en courant les continents australien et américain, quand ce n’était pas encore à la mode, et en plus…Sans rien dire à personne !

Au téléphone, Francis de Barbeyrac, à qui je demandais timidement une entrevue, me répond un peu interloqué:
“Mais attendez, Mademoiselle, il doit y avoir une erreur.Je suis un vieux monsieur. Mes histoires n’intéressent plus personne.”
“Laissez-moi en juger”, lui ai-je rétorqué. “Si elles sont nulles, je vous promets de ne rien publier.” Et voilà comment je me suis retrouvée chez lui, dans sa maison de Fontainebleau pour écouter, entourée de ses petits enfants,des histoires pas nulles. Franchement pas nulles.

Merci de votre accueil!

C’est bien naturel. Mais je ne sais pas trop ce que tu vas pouvoir écrire quand même. Bon, c’est vrai. Dans les années 70, j’ai traversé l’Australie et les États-Unis à pied. A part ça…

Il me semble que ce n’est déjà pas si mal! D’autant que vous avez accompli ces périples à une époque où l’on ne parlait pas de raid, de trail ou d’ultra-endurance?

Ah ça, c’est sûr. On me prenait pour un cinglé! Mais j’ai toujours été assez imperméable aux opinions et regards des autres. J’aimais courir, voilà tout. Pour moi, c’était aussi une façon de voir du pays. Vois-tu, je
suis issu d’une famille plutôt pauvre de sept enfants en Bretagne. Nous n’avions aucun moyen de transport à l’époque: pas de voiture, pas de moto. Tous les déplacements se faisaient à pied. L’école, les courses, les visites. Bref, nous marchions tout le temps. Et les week-ends aussi. Avec des copains, nous avions l’habitude de partir pour des randonnées avec comme défi celui de nous écarter le plus possible de Rennes. Mon premier exploit sportif fut de faire Rennes-Saint-Malo-Rennes en moins de 24 heures. Nous étions partis de nuit avec un bout de fromage pour tout ravitaillement.
Je devais avoir douze ans.

Entre Rennes et Saint-Malo, il y a un peu plus de 65 kilomètres! Vos parents n’étaient pas inquiets de vous savoir sur les routes?

Il faut croire que non! (Il rit). C’était un autre temps. Les familles étaient plus nombreuses qu’aujourd’hui.
Les parents peut-être aussi un petit peu moins stressés.

Vous marchiez ou vous couriez?

Moi, j’ai toujours adoré courir. Je me rappelle qu’en primaire, j’avais un professeur d’EPS que j’estimais beaucoup: Monsieur Roquetin. Il avait remarqué que les grimpers de corde, les sauts de cheval et autres pitreries de ce genre n’étaient pas ma tasse de thé. En revanche, j’étais increvable lorsqu’il s’agissait de courir.
Alors il me laissait faire. Je courais seul sur la piste pendant les deux heures de cours. J’adorais cela.

Vous rêviez de devenir coureur à l’époque?

Pas le moins du monde, je ne savais même pas qu’on pouvait en faire un métier. Non, je voulais être vulcanologue.La vie en a décidé autrement. Né en 1948, j’avais donc vingt ans en 1968. J’aurais dû entrer à l’Université mais tout était sens dessus dessous. Pour certains jeunes de ma génération, ce furent des moments magnifiques. Pas pour moi! Je devais avoir l’esprit de contradiction… Toujours est-il que j’ai voulu fuir ce chaos et tous ces slogans que je trouvais débiles du style «il est interdit d’interdire». Je me suis engagé chez les paras commandos.

Quoi! Toute une génération rêve de liberté et vous prenez le chemin inverse, celui de l’ordre et de la discipline.

Je comprends que cela étonne. Mais je n’ai pas eu le sentiment de perdre ma liberté en m’engageant. Au contraire! L’armée m’a proposé un cadre et des perspectives que je ne trouvais pas dans la société civile. De plus, j’ai toujours considéré qu’il valait mieux choisir sa liberté plutôt que de se la laisser imposer par les autres. J’ai donc fait carrière dans le premier régiment de parachutistes d’infanterie de Marine. Puis cela me permettait aussi de continuer à courir et de rencontrer des champions comme Fernand Kolbeck (*). Pendant l’été 1972, j’ai eu envie d’assister aux Jeux olympiques. Je suis parti sur les routes avec une paire de chaussures de volley aux pieds. La semelle était toute fine. Cela me convenait bien. Direction Munich!

En courant?

Bien sûr, je n’avais toujours pas les moyens de voyager autrement. J’avais fait mes calculs et pointé sur la carte des villes-étapes de manière à couvrir plus ou moins soixante kilomètres par jour. Je partais tôt le matin, j’arrivais donc généralement pour midi et là, je demandais si quelqu’un pouvait m’héberger. En général, cela ne posait pas de problèmes. J’ai dormi dans des mairies, des granges, des maisons privées ou parfois même des chambres d’hôtels qu’on mettait gratuitement à ma disposition grâce à la publicité faite à l’expédition par la presse locale. Trois semaines plus tard, j’avais fait les 1300 kilomètres et j’étais au stade.

Etiez-vous déjà compétiteur à l’époque ?

Il y avait peu de courses. Alors on lisait le magazine Spiridon pour savoir où cela se passait. Pour s’inscrire, pas besoin de licence ou de certificat médical.On payait 5 francs pour un dossard. Et c’était tout. A l’arrivée nous étions parfois récompensés de nos efforts par des prix tirés au sort. Je me souviens que pour la première édition des 100 kilomètres de Millau en septembre 1972, j’ai gagné deux œufs durs.

Cinquante bornes pour un oeuf dur! Sur le plan énergétique, l’autonomie n’est pas garantie!

J’étais tout de même content! Les choses valent parfois plus que leur prix. J’ai également pu mesurer cela en Afrique. En 1975, je me retrouve affecté comme commandant de la première compagnie du Groupement Nomade Autonome à Djibouti. Nous étions 180 personnes sur place. Des soldats locaux que l’on appelait des «goumiers». Des types formidables! Ils connaissaient le terrain. Ils savaient où se trouvaient les points d’eau et m’ont enseigné toutes les astuces pour survivre dans le désert. Notre mission consistait à contrôler le trafic d’armes sur la frontière éthiopienne.

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IMG_0935Sur place, j’imagine que vous avez trouvé des coureurs pour partager vos sorties d’entraînement?

Pas vraiment. Enfin, si. J’avais Bill… C’était un léopard que j’avais apprivoisé et qui m’accompagnait partout. Je l’avais appelé Bill. Courir n’était pas ce qu’il préférait du reste. Il devait tout le temps m’attendre. Mais sinon, il était de bonne compagnie. Il m’a fait mal une seule fois. Je m’étais approché trop près alors qu’il était en train de manger. Il a cru que je voulais lui retirer son morceau de viande de la bouche. Il m’a griffé et j’en ai gardé une ou deux cicatrices. (NB: il pointe l’emplacement sur sa cuisse par dessus son jean. Les enfants aussi sont très impressionnés). Mais je ne lui en ai pas voulu. C’était ma faute, après tout.

Vous êtes resté combien de temps là-bas?

Environ deux ans. Puis je suis rentré en France avec un congé de fin de mission de deux mois. Je me suis dit que ce serait amusant de faire la traversée de l’Australie en courant, j’avais vu ce continent sur une carte et je lui trouvais une belle forme, oui vraiment une belle forme! J’en ai parlé à la soeur de la femme de mon frère. Je ne la connaissais pas vraiment. Je l’avais juste rencontrée à deux ou trois occasions. Je ne sais pas vraiment ce qui m’a pris ce jour-là, mais je lui ai proposé de m’accompagner. Encore plus bizarrement, elle a dit oui.

Attendez, vous êtes en train de me dire que vous demandez à une jeune femme que vous ne connaissez pas de faire avec vous la traversée de l’Australie en courant, et elle vous répond «d’accord» comme si vous l’aviez invitée au cinéma?

Oui, c’est à peu près cela. (Il rit) Note, elle n’était pas tenue de courir. Elle devait simplement conduire la voiture d’étape en étape. Le problème c’est qu’elle n’avait pas encore de permis à l’époque. Elle l’a vite passé. Et nous sommes partis, Monique et moi après avoir mis toutes nos économies dans l’aventure. Arrivés à Darwin, on apprend que, peu de temps auparavant, un autre Français avait tenté la traversée du désert de Simpson et qu’il en était mort de soif. Les responsables de l’armée australienne qui assurent les secours en cas d’accident n’étaient pas très enthousiastes à l’idée de nous voir partir. Heureusement, j’ai pu faire valoir le fait d’appartenir à la Grande Muette et j’ai obtenu les autorisations. Restait le problème de la voiture. Nous sommes tombés sur un vieux nazi qui nous a vendu une Renault délabrée. «Elle est pourrie, je sais. Mais le moteur tiendra jusqu’à Adélaïde.». Il y avait 3200 kilomètres à faire. Il avait raison!

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Comment s’organisaient les journées?
Je courais de six heures du matin jusqu’à midi. Là, on se faisait un bivouac avec une toile tendue entre de simples jerricans d’essence pour se protéger du soleil. Le soir je repartais pour boucler la distance: soixante
bornes en moyenne.

Et pour la nourriture?

J’ai remarqué un truc étonnant au cours de tous ces voyages. Le corps possède une réelle intelligence pour savoir ce qui est bon pour lui et ce qui est néfaste. La viande par exemple. On sait que sa digestion nécessite
un gros travail au niveau métabolique. Pour ne pas accumuler les fatigues, on en perd très rapidement le goût. A la place, on se trouve naturellement orienté vers des aliments complets, riches en énergie et faciles à
assimiler. Tout au long de ces journées, je me nourrissais essentiellement de flocons d’avoine, de lait, de chocolat, de pastèque, de céréales, de tomates. Je buvais aussi beaucoup d’eau et de Coca. En outre, nous
n’avions qu’un budget ridicule. Cerveau et porte-monnaie étaient donc en adéquation.

IMG_0908Il devait tout de même y avoir des moments difficiles…

Pas vraiment, j’ai beaucoup plus souffert lors d’autres défis qui viendront plus tard dans ma vie. Lors de ce voyage, il ne m’est pas arrivé une seule fois de «réveiller le vieil homme qui sommeille en chacun de nous».
C’est une petite expression que j’utilise pour expliquer que les fatigues très intenses peuvent donner à des jeunes de vingt ou trente ans des sensations comparables à celles de la vieillesse. Mais je n’ai rien ressenti
de tel en Australie. Le décor était magnifique. Le ciel incroyablement bleu. Je crois que je n’ai jamais vu ailleurs un ciel aussi bleu! Nous étions jeunes, heureux, libres. De retour en France, Monique et moi, nous
nous sommes mariés. On s’est dit qu’après avoir vécu 50 jours à deux dans le désert, on pouvait envisager la vie de couple sans trop de crainte, non? De plus, nous avions réussi ensemble notre première mission!

Une mission pour qui? Pour l’armée?
Pour l’armée, oui. L’armée australienne ne pensait pas que je réussirais ce projet de traversée du continent. Un membre du personnel m’avait donc fait une blague en
me confiant un télégramme «urgent» à porter à Adélaïde! Quand je courais seul sur les routes surchauffées, je pensais parfois à ce télégramme que j’apportais de l’autre côté du pays. Cela me motivait. Puis je tenais aussi l’expéditeur au courant de la progression de sa missive. A chaque poste de police, je signais un registre donnant ainsi la preuve que j’étais passé par là. Parfois je laissais un petit billet qui disait: «the French runner was here, he is still running and alive!»
Traduction: Le coureur à pied français est passé par ici. Il court toujours et est encore bien vivant.

IMG_0893Quelles sont les anecdotes qui vous restent d’une telle aventure?

Je me souviens qu’à Coober Pedy, un bled de mille âmes tout au plus, la maîtresse de l’école m’a présenté aux
enfants. Puis elle leur a demandé de me dessiner. J’ai gardé ces dessins. Ils sont la parfaite illustration de toute l’expédition. J’ai aussi en mémoire les expressions de leurs visages, avec de grands yeux qui me regardaient avidement, à la fois interloqués et pétillants. Dans ces moments-là, j’avais l’impression de contribuer à faire ce que je lirais plus tard sous la plume de Paulo Coelho, c’est-à-dire construire ma légende personnelle. Je me demande parfois quelle trace aura laissée cette rencontre dans le cerveau de tous ces gosses. Un autre jour, je me souviens que nous étions en train de faire les courses dans un supermarché avant de reprendre la route, sans intention d’acheter grand-chose pour les raisons que tu sais: le manque d’appétit et le manque d’argent! Mais le gérant à qui nous avions très brièvement fait le récit de notre voyage s’est montré très enthousiaste et il a tenu à nous accompagner dans les rayons. Là-dessus, il se met à remplir notre caddie en riant bruyamment à chaque fois qu’on tentait de lui faire comprendre dans notre anglais sommaire que nous n’avions pas besoin de toutes ces choses et que nous n’avions pas non plus l’argent pour les payer. Il s’en fichait!
Il continuait d’empiler les conserves et les boîtes de céréales. «Quel con! Quand est-ce qu’il va comprendre qu’on ne peut pas lui payer toutes ces saloperies?» ai-je dit à Monique. «Mais, regarde, il continue. Quel connard!» On arrive à la caisse, le type se marre toujours et nous parle en français. «Voilà! Le con tenait à vous offrir un plein caddie de saloperies! Vous ne me devez rien. Bonne route, les amis». Nous étions mortifiés! Bien sûr, nous voulions nous excuser. Il riait chaque fois de plus belle. Si Dieu ne l’a pas rappelé à lui, je suis certain qu’il en rit encore.

La traversée de l’Australie vous a manifestement inspiré. Quelques temps plus tard, vous décidez de répéter l’opération sur le continent nord-américain.

J’avais entendu parler d’un coureur anglais, Bruce Tulloh (*) qui avait réalisé cet exploit en 1969. Il avait couvert la distance de Los Angeles à New York, soit 4500 kilomètres en 64 jours. J’avais aussi dans la tête les différentes scènes du livre magnifique La Grande Course de Flanagan qui raconte l’histoire d’une épreuve transcontinentale organisée en 1931 sur le même parcours. Nous sommes en 1979, je travaille alors comme instructeur des élèves officiers à Coëtquidan et je soumets le projet de la traversée à ma hiérarchie et à ma femme! A la différence de Tulloh, je ne voulais pas prendre la route 66 qui passe par les grandes villes. J’avais dessiné un itinéraire plus champêtre et plus authentique. Nous devions partir de Norfolk dans l’Etat de Virginie. L’objectif final restait Los Angeles.

Pourquoi Norfolk? Ce n’est pas spécialement folichon comme endroit.

Le principal intérêt de cette ville, c’est qu’elle possède une base de la Navy où nous pouvions être logés gratuitement.
En outre, le Ministère de la Défense nou avait trouvé des places dans un avion qui reliait la Californie à Montréal. Cela nous permettait d’économiser en partie le voyage du retour. A l’aller, l’armée française nous offrait l’essence. Pour le reste, on se débrouillait avec des moyens toujours très limités. Chaque accompagnateur y allait un peu de sa poche. Pour la nourriture, nous faisions un pot commun. Et la voiture?
Encore Renault! Ils cherchaient alors à commercialiser la R5 aux Etats-Unis! Ils nous en ont confié une. General Motors nous a prêté en plus une Jeep Cherokee.

Le grand luxe! Et en outre, par rapport à l’Australie, l’équipe s’était étoffée.

Effectivement. Nous étions accompagnés cette fois par trois nouvelles personnes qui avaient répondu à un appel passé dans le magazine Spiridon. Parmi elles, il y avait Manu, le cousin de la championne
portugaise Maria Manuela Machado (*). Un type formidable qui fut d’une aide très précieuse tout au long de cette épreuve. Dieu que ce fut difficile! L’été de l’année 1979 a été caniculaire aux Etats-Unis. J’avais
l’impression de courir dans un four! Il faisait parfois jusqu’à 50C°avec 90% d’humidité relative. La chaleur, la fatigue, les tensions dans le groupe. Tout cela faillit avoir raison de la tentative.

D’autant que cette fois, vous n’aviez pas pour mission de livrer un télégramme.

Si! Nous nous étions tout de même fixé un but symbolique. Lors de notre départ, Monique avait pris un peu d’eau de l’Atlantique dans une bouteille. L’objectif était de verser cette eau dans le Pacifique à notre arrivée.

Vous suiviez le même programme qu’en Australie?

Non. Là, j’avais prévu de couvrir une distance de 100 kilomètres par jour. Je partais à 4 heures du matin. Je courais 5-6 heures jusqu’à ce que le soleil tape trop fort pour continuer. Alors je m’arrêtais ou je continuais en
marchant sous un parapluie. Le soir, je me remettais à la course. Au total, j’essayais de faire 70 kilomètres la course et 30 à la marche. J’avais aussi trouvé une technique géniale pour ne pas trop souffrir de la chaleur.
Je portais trois tee-shirts en coton. Le premier s’imbibe de sueur. Le second permet une évaporation sans ruissellement sur le sol. Le troisième fait écran au soleil.

A quoi pense-t-on pendant toutes ces heures sous le soleil?

Une idée récurrente était que personne ne m’avait obligé; que c’était mon choix, ma liberté. Je me suis retrouvé dans une position paradoxale: prisonnier de la liberté que je m’étais octroyée. Mais nous dérivons sur le terrain de la philosophie, là. Pour une raison que j’ignore, je pensais aussi beaucoup aux déportés des camps de la mort. Dans la confusion des sens qui était mon lot quotidien, je me disais parfois que ma course était une façon d’honorer leur mémoire.

IMG_0941Vous avez finalement réussi!

Eh oui, nous l’avons fait. Nous avons bouclé la distance en 53 jours. Onze de moins que Tulloh! Enfin, c’est ce qui a frappé les journalistes. Personnellement, je n’accorde pas trop d’importance aux chiffres, aux records et tout ce qui s’ensuit. A notre arrivée à Los Angeles, il y avait du monde! Je devais répondre à un tas de questions –or je n’aime pas beaucoup cela-, tandis que Monique se livrait en toute tranquillité à sa mission de rééquilibrage des océans.

Qu’est-ce qui vous dérange dans le fait de raconter votre aventure et de souligner le côté extraordinaire de votre performance?

(Silence) Dans la plupart des journaux et magazines, on relate surtout l’actualité sportive par le biais des résultats et des performances. On affiche les chronos, les distances, les moyennes. Tout cela prête à une surenchère médiatique qui nous écarte, à mon avis, des vérités du sport. On ancre dans l’esprit du plus grand nombre que tout cela est hors de sa portée. Or la bonne leçon à tirer de ses exploits serait au contraire qu’on puisse se dire que tout est possible et que chacun peut, avec le talent qui est le sien, s’atteler à de grands objectifs. C’est même essentiel à l’équilibre.
L’homme n’a pas besoin de «grand-chose» pour vivre. Mais il lui faut vivre de «grandes choses».

Propos recueillis pas Anne-Sophie Girault

(*) Dans les années 70, Fernand Kolbeck a réalisé d’excellents chronos
sur la piste : 13’48’’ au 5000 mètres et 28’50’’ sur 10.000. Il
possède aussi un record de 2h14’ sur marathon. Sur cette distance,
il a été sélectionné aux Jeux de Munich en 1972, puis à ceux de
Montréal en 1976. En 1979, il remporte le Marathon de Paris.(*) Bruce Tulloh fut aussi champion d’Europe de 5000 mètres à
Belgrade en 1962. Il avait la particularité de courir pieds nus.

(*) Maria Manuela Machado fut notamment championne du
monde du marathon à Göteborg en 1995.

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11 réflexions sur “Des histoires pas nulles, Zatopek #26

  1. Formidable récit. Beaucoup d’humilité dans les propos.
    Je ne l’ai jamais rencontré mais le connaissais très bien pour ses exploits et ses performances.
    J’entrais à Strasbourg quand il traversait les EU.
    Très sincères condoléances à la famille et à ses proches, amis et frères d’arme.
    RESPECT.

  2. Traversée des USA : Je faisais partie de ces  » 3 nouvelles personne  » de l’encadrement et je peux ajouter des choses.

  3. Mon colonel, nous nous sommes rencontrés la première fois en nouvelle Calédonie en 1989. Bien que vous connaissant de réputation à la 11 DP. Moi aussi amoureux de la course à pieds, j ai été fier et j ai apprécié énormément votre compagnie. Aujourd hui je suis triste et nostalgique de cette période. Nous avons beaucoup de point commun car aujourd’hui je navigue sur un voilier autour du monde avec ma femme que vous avez connu en Caledonie.
    Je revois votre éternel sourire qui vous caractérisait….d ailleurs dans votre récit la journaliste note souvent « rit »…je n ai jamais rencontré un officier dans votre style et votre décontraction. Ma devise qui vous ressemble  » faire quelques choses de sérieux sans se prendre au sérieux  »
    Au revoir mon colonel ….jamais s arrêter..aller jusqu au bout.
    Edgard Sautes
    Nageur de combat No 712

  4. Merci à vous qui avez commenté cet article. C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de Francis de Barbeyrac. Bien que notre rencontre date d’il y a 8 ans à présent, je garde le souvenir d’un Monsieur solaire avec une immense humilité. Condoléances à ses proches et ses amis. Anne-Sophie Girault le Mault.

  5. Un grand merci pour cet article mais aussi très attristé par cette nouvelle..j étais élevé gradé à la 1ère cie du 3ème rpima et j’ai eu la chance et l honneur de m entrainer avec lui tous les matins et de participer au championnat de France à Marseille….Un homme à l époque Lieutenant et très chaleureux..souvenir inoubliable..toutes mes condoléances et mon amitié à sa famille..Daniel Gillet..

  6. Francis de BARBEYRAC était le président de la promotion « SOUVENIR » d’officiers formés à l’EMIA (Ecole Militaire Inter Armes) de Coëtquidan en 1971/72. Camarade attentif aux autres, discret, de bon conseil, il était vraiment le copain idéal dont chacun voulait être l’ami. Jamais on n’aurait pu imaginer que son – ou plutôt SES – parcours « hors normes ! » ne l’auraient pas protégé du mal qui l’a brusquement atteint et terrassé. Pour sa famille, ses proches et tous ceux qui l’ont connu, la fin de 2020 et le début de 2021 sont marqués à jamais dans les mémoires.
    Repose en paix Francis !
    F. PALMA

  7. Sincères condoléances à son épouse Monique….Se rappelle-t-elle que j’étais de la partie à cette traversée des USA,;;;bien à vous Woelfflin Christian

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